Les lieux cultes de la TECHNO

IBIZA
Ile de l'archipel baléarique, lieu de villégiature rêvée pour tous les hippies et les branchés des années 70. Devenue gràce à ses nombreux clubs la Mecque de toute la jeunesse populaire anglaise durant les années 80. C'est justement dans des boîtes telles que le KU ou le Space que la vague house a débuté pendant l'été 1988 pour être importée quelques mois plus tard par les Dj's anglais dans leur pays.

LONDRES
Capitale musicale de l'Europe depuis les swinging Sixties, Londres, si elle n'est ni la première, ni la plus importante des villes créatrice de la house et de Techno aura cependant servi de détonateur politique à ce mouvement à partir de 1988. Des Dj's locaux tels Paul Oakenfold, Danny Rampling ou Nicky Holloway ramènent d'Ibiza le balearic-beat et l'acid-house où gargouillements de basses cycliques, accélération du tempo et trance hypnotique générée par la TB 303 jettent des hordes de jeunes anglaises et anglais dans la folie acciiiiiiiiid !
De phénomène musical, l'acid-house devient alors phénomène de société, amplifié par la consommation d'ecstasy et autres drogues de synthèses que dénoncent, à grands renforts de premières pages hystériques, les journaux conservateurs de l'ère thatchérienne. A la sortie du Shoom, du Spectrum et du Future, les boîtes londoniennes emblématiques du mouvement, la police attend les clients, sous la pression des conservateurs qui demandent la fermeture de ces lieux de perdition. Pourtant c'est bien sous les beats de l'acid-house et dans l'empathie du MDMA que s'est dissoute l'agressivité du problème hooligan qui hante l'Angleterre depuis le drame du stade du Heizel.
Cette réaction musclée des politiciens est à l'origine des grandes manifestations pour The Right To Party qui déboucheront sur les premières raves clandestines en 1988.
Haut lieu des clubs et du business discographique, confluent de tous les genres pop, du groove à la Techno et surtout de leur mariage, Londres a été un lieu catalyseur. Centre de créativité musicale certes, mais surtout centre d'un mouvement, d'une nouvelle contre-culture de la dance que seul Londres et non Paris ou New-York pouvait représenter...

CHICAGO
Ville de naissance de la house, au beau milieu des années 80. Depuis, malgré une petite baisse de régime il y a trois ans, la production est repartie de plus belle.

MANCHESTER
Manchester, c'est un mythe : celui de la fusion totale du rock et de la dance, une époque : la fin des années 80, et un club : l'Hacienda, créé par Factory, le label de Joy Division puis de New Order, au début des années 80. C'est dans l'Hacienda que le mouvement house va prendre pied en Angleterre. C'est là où, dès 1987, Laurent Garnier va connaître ses premiers succès de Dj. C'est là où, dès 1988, des Dj's de retour d'Ibiza vont lancer l'acid-house et la mouvance baléarique avec sa house aérienne, métissée de new wave et d'électro-pop. C'est là où des milliers de jeunes élevés au rock vont découvrir sous l'emprise de l'ecstasy les joies du dancefloor.

DETROIT
Ville phare de la naissance de la Techno, gràce à Juan Atkins ( en 1982 ), et puis aussi ses amis Derrick May et Kevin Saunderson dans la moitié des années 80. Soient trois jeunes compositeurs noirs élevés à la fois à la soul, au funk et à la pop électronique européenne de Kraftwerk et Depeche Mode sur son versant new wave.

ALLEMAGNE
L'Allemagne est l'un des pays phares de la culture Techno. Au centre, Berlin, à partir de laquelle tout est parti après la Chute du Mur. Et puis Cologne et Francfort où est né le genre trance avec Sven Väth. Enfin Munich à la Techno la plus minimaliste, très inspirée de la new wave allemande et de groupes comme DAF. L'Allemagne, c'est aussi une grande tradition électronique, de Karlheinz Stockhausen au Krautrock.

BERLIN
Ville phare de la culture Techno Allemande, où se déroule chaque année la fameuse Love Parade, qui rassemble dorénavant plusieurs centaines de milliers de personnes. Berlin a joué un rôle fondamental dans le développement de cette musique, notamment après la Chute du Mur, gràce à de nombreux labels et de clubs.

GOA
D'abord colonie portugaise située au sud de Bombay, puis tête de pont des missionnaires jésuites en Asie, cette ville, bijou du baroque portugais, devint une étape obligée du voyage hippie vers Katmandou dans les années 70. La rencontre générationnelle, au cours des années 80, entre vieux babas, rockers et la génération des acid-boys internationaux, venus de France, d'Angleterre et d'Allemagne, a engendré sur place une musique de transe d'un type bien particulier nommée " trance Goa " ou " Psychedelic trance ".

PARIS
Le mouvement Techno-house français débute dans la capitale à la fin des années 90 gràce aux soirées " H30 " d'Erick Rug et Laurent Garnier à La locomotive, qui font découvrir la house de Chicago à la France mais ne rassemblent à l'époque qu'un petit nombre de nouveaux adeptes. Suivront les soirées " Pyramide ", " Space ", " Oz ", mais c'est surtout gràce à deux clubs gay, le Boy et la Luna, que cette musique trouvera son public. Vers 1992-93, Paris connaît ses premières raves, Radio FG diffuse de plus en plus de Techno, et le mouvement fait son chemin.
C'est véritablement vers 1995 que la scène artistique va exploser et susciter de nombreuses vocations, à la fois chez les musiciens et les labels. Aujourd'hui, la scène parisienne connaît une belle embellie, et ses artistes un beau succès à l'étranger, gràce à des talents tels que Dimitri From Paris, Daft Punk, Motorbass, La Funk Mob, Transwave, Laurent Garnier, Saint Germain, Manu Le Malin, etc...

BENELUX
Le triangle d'or Belgique / Hollande / Luxembourg, très tôt acquis à la cause Techno, dès le tout début des années 90, gràce à une flopée de clubs, de labels et d'artistes, et un détour obligé par celui qui veut comprendre la culture Techno européenne.