Les manifestations
Rave
Fête Techno ou house dans un lieu ponctuel, hors des boîtes de nuit. " Bacchanales des temps modernes " selon certains députés, c'est en Angleterre que le mouvement rave est né en réponse à l'interdiction de clubs house par le gouvernement Thatcher. Ainsi les fameux " Summer Of Love " de 1988 et 1989 ont-ils réunis des centaines de milliers de ravers dans la campagne londonienne… En 1997, les deux raves les plus importantes sont la Tribal Gathering de mai en Angleterre et la Love Parade de Berlin en juillet.
Energy
Lorsque l'on parle rave en Suisse, on peut difficilement passer à côté d'Energy, le plus grand événement du genre de notre pays. L'après fête de la Street Parade semble suivre le succès de cette dernière, dont la renommée dépasse largement nos frontières, ce qui n'est pas sans nous rappeler le parcours de petits festivals rock devenus grands.
Energy Story
C'est en 1992 que les deux zurichois Arnold Meyer et Thomas Bischofberger imaginèrent le concept d'Energy : offrir à un large public une soirée où se succèdent un nombre impressionnant de Dj's. En effet, à l'époque, la mode était plutôt aux soirées restreintes, tant du point de vue participants que Dj's. Energy 92 prend place dans une ancienne usine désaffectée d'Oerlikon et, avec un line-up attractif ( Joey Beltram, Richie Hawtin, Space Cube,... ), permet d'attirer 6'500 personnes, un record pour l'époque.
Fort de ce succès, les organisateurs décident de passer la vitesse supérieure et squattent en 93 le Hallenstation, qui n'est autre que la plus grande salle couverte de Suisse. Le pari est risqué, mais avec un programme tout simplement exceptionnel ( Aphex Twin, Laurent Garnier, Sven Väth, Hell, Dave Angel, Jeff Mills, Kenny Larkin,... ), ils rentrent dans leurs frais avec plus de 13'000 personnes : la machine Energy est lancée.
Depuis, chaque édition d'Energy fait le plein avec plus de 20'000 personnes et le phénomène n'est pas prêt de s'arrêter. Même si l'on peut regretter une programmation qui tend à devenir trop classique et peu enclin à la découverte, rentabilité oblige, Energy reste malgré tout un show de grande envergure qui permet à un large public de découvrir la diversité des styles de la musique électronique.
Love Parade
A l'image de la ville de Berlin, la Love Parade se pose comme l'affirmation de la liberté retrouvée. Attirant chaque année plus de monde, ce grand carnaval Techno est aussi devenu le rassemblement pacifiste le plus important depuis la Chute du Mur, en 1989. Pour la huitième année consécutive, les organisateurs attendent à nouveau plus d'un million de personnes pour célébrer sur fond Techno la fête de l'amour et de la paix. Consécration de la génération dancefloor, les ravers du monde entier se retrouvent dans les rues de Berlin pour cet événement qui n'existe encore nulle part ailleurs...
Le 12 juillet 1997, la capitale allemande aura battu tous les records d'affluence. Rassemblés autour de la place Kurfürstendamm, le centre commercial et culturel de Berlin, plus d'1,5 millions de " beautiful people " venus des 5 continents ( contre 100'000 en 1994 ) et une cinquantaine de chars équipés de sound systems ont défilé au nom du " peace & love " Techno.
Victime de son propre succès, la Love Parade n'échappe pas à certaines remises en cause. Les critiques viennent de ceux qui ne sont pas d'accord avec la commercialisation de l'événement, des médias ou des autorités gouvernementales, qui soupçonnent l'organisation de se rattacher à un mouvement politique. Son créateur se défend pourtant de toutes ambiguïté possible : manifestation de lutte pour la liberté née des ruines du mur de Berlin, la Love Parade ne peut être qu'apolitique. Cependant, à termes, les enjeux financiers liés à une telle manifestation pourraient finir par jeter une ombre sur son caractère indépendant. Polémique reprise par les écologistes, qui s'inquiètent des conséquences d'un tel raz-de-marée annuel. Vu le nombre exponentiel de participants, les problèmes officiels rencontrés à la dernière minute, on est en droit de se demander comment cela va se passer dans les prochaines années... Mais quoiqu'il advienne, le gouvernement allemand n'interdira pas la Love Parade. Pour la simple et bonne raison que c'est l'événement culturel le plus important de l'année chez les jeunes.
Street Parade
C'est en 1991 que le jeune étudiant zurichois Marek Krynski découvre avec admiration la Love Parade de Berlin, qui venait déjà de vivre sa deuxième édition. Le but est simple : rassembler un maximum d'adeptes de musique électronique pour montrer au monde entier que la Techno n'est pas un mouvement marginal et répréhensible, comme tentent à le laisser croire les médias. La déferlante Techno se développant à grands pas dans la capitale financière de la Suisse, Marek décide de lancer son propre rassemblement qui prendra le nom de Street Parade.
Une année plus tard, en 1992, tout est prêt pour accueillir officiellement la Street Parade, première du nom. A la surprise générale, ce ne sont pas moins de 2'000 personnes qui font le déplacement pour venir danser au centre au centre de Zurich, sous le regard ébahi des passants ! Fort de cette réussite, les organisateurs remirent ça en 1993 avec plus de 10'000 personnes, avant le coup de froid de 1994, où le chef de la police interdit la Street Parade. Motif : " La Street devient trop grosse, trop bruyante et génère trop de déchets ". Mais cette manifestation a pris trop d'envergure et sous la pression des médias, du public et de certains politiciens, la troisième édition a lieu pour le plus grand plaisir des 30'000 personnes présentes.
Depuis, le succès n'a été que constant avec un nombre grandissant de participants : 120'000 en 1995, 350'000 en 1996 et 500'000 en 1997. C'est devenu l'une des plus importantes manifestations musicales du monde, tous styles confondus, et elle offre ainsi à la Suisse une attraction touristique et économique de premier ordre dans un pays rongé par la crise.
Lake Parade
Fort de son succès rencontré lors de sa première édition en 1997 ( 50'000 personnes ) et malgré les critiques de quelques Genevois rétrogrades outrés de voir autant de jeunes " délurés " envahir Genève, les organisateurs remettent la compresse pour une nouvelle édition. Elle s'annonce encore plus grandiose avec des nouveautés de taille. Tout d'abord, la durée de la parade sera prolongée et le nombre de Love Mobiles plus conséquent ( environ 25 ). L'après-fête de la parade, quelque peu ratée en 1997, sera également totalement revue.